Être spirituel, c’est rire de tout

28 Mai 2016 | Réflexions

Être spirituel, c’est chercher à savoir qui tu es vraiment, chercher à revenir à l’essentiel. C’est aussi vouloir trouver le bonheur, quand la vie paraît si dure, si étrange, parfois absurde. Cette recherche est un processus de simplification, un processus de libération, où les choses superflues sont peu à peu laissées de côté. Jusqu’au moment où la recherche cesse, et l’essentiel demeure : la présence et l’amour.

Être spirituel, c’est donc simplifier. C’est se débarrasser de ce qui est inutile, pour mieux voir l’essentiel. C’est, par exemple, ne plus s’attacher à ce qui est matériel. Non pas parce que ce qui est matériel est mal, mais parce que le non-attachement devient tout simplement une évidence. Il devient évident que l’attachement provoquera tôt ou tard la souffrance, et tout aussi évident que la perte de quoi que ce soit n’affecte en rien ni ce que tu es vraiment, ni ton bonheur véritable. Alors, pourquoi craindre de perdre quelque-chose ?

Mais ce non-attachement n’a rien à voir avec le fait d’être riche ou pauvre ! Il ne s’agit pas de ne rien posséder, il s’agit bien plus d’un état d’esprit vis-à-vis de ce que tu possèdes. Tu peux être extrêmement riche et savoir au plus profond de toi que rien de tout ce que tu possèdes ne t’appartient réellement. Tu passeras probablement le plus clair de ton temps à donner tout ce que tu gagnes, en riant de cette situation, non pas pour donner bonne impression, non pas pour ton karma, mais simplement par évidence.

Être spirituel, c’est ainsi l’état d’esprit simple et humble dans lequel avoir ou ne pas avoir, être une personne importante ou être une personne inconnue, ne fait plus aucune différence.

Être spirituel, c’est se libérer. Être spirituel n’a rien à voir avec la religion, les rituels, les gourous, les disciples. C’est au contraire se libérer des institutions, des groupes, des systèmes de croyance. Ce n’est pas juger, rejeter ou s’opposer à ces choses, mais tout simplement devenir transparent à elles, ne plus les prendre au sérieux, aller au-delà. C’est, ne pas se satisfaire des réponses toutes faites, partielles, non logiques, et vouloir aller droit au but, remonter à la source.

Tu peux t’inspirer d’une belle personne qui fait vibrer ton cœur, tu peux lire des textes ésotériques et spirituels, tu peux pratiquer telle ou telle technique de méditation, mais tu sais que ces personnes et ces choses ne sont pas elles-mêmes la vérité que tu cherches. Tu sais qu’elles sont simplement des panneaux indicateurs qui pointent invariablement vers la simplicité, la liberté, la présence, l’amour. Tu peux guider d’autres personnes, mais tu ne t’enorgueillis pas, car tu sais que tu ne peux être pour eux rien de plus qu’un panneau indicateur. Être spirituel, c’est même aller jusqu’à constater que toute personne que tu croises sur ton chemin est en fait un maître spirituel, qui t’invite à prendre conscience chaque fois un peu plus de ce que tu es, et de ce que tu n’es pas.

Mais, être spirituel, c’est surtout aller jusqu’à te libérer de toi-même ! Te libérer de tout ce à quoi tu t’identifies : tes pensées, tes émotions, tes propres croyances, tes propres concepts, ton corps. Ce n’est pas du tout refouler toutes ces choses, mais simplement te placer en observateur, prendre un peu de hauteur. C’est ne plus t’identifier à ces choses, les transcender, et constater qu’elles t’affectent alors de moins en moins.

Lorsque tu te libères des structures externes, sociales, et des structures internes, émotions, croyances, pensées, paradigmes, ce qui reste se rapproche de plus en plus de ce que tu es vraiment.

Être spirituel, c’est mettre la présence devant. C’est faire de plus en plus l’expérience de la réalité sans passer par le mental, l’analyse, les éléments du passé ou du futur. C’est chercher à passer directement par la perception, l’observation, l’intuition, dans le présent. C’est laisser les regrets se lamenter s’ils le souhaitent, mais choisir de ramener quand même son attention sur le présent. C’est laisser les peurs anticipatrices émerger si elles le veulent, mais choisir de ramener quand même son attention sur le présent. Être présent, c’est ainsi être attentif à ses sensations, à sa respiration, c’est observer ses propres pensées et émotions apparaître. C’est observer et s’amuser de toutes ces choses, qu’elles soient agréables ou désagréables, en gardant à l’esprit qu’elles finiront toutes par disparaître, remplacées par d’autres, et ainsi de suite. Être spirituel, ce n’est pas nécessairement être déjà parvenu à maintenir la présence à chaque instant, mais c’est devenir de plus en plus obsédé par la présence et la laisser envahir peu à peu tout l’espace.

Être spirituel, c’est ne plus réfléchir à la spiritualité, ne plus intellectualiser la spiritualité. C’est ne plus chercher à connaître les textes sacrés avec érudition, ni même à parler ou à écrire sur la spiritualité. C’est, bien plus, vivre la spiritualité par la présence.

Mais il ne s’agit pas de vouloir être présent parce que c’est tendance ! Non, tout simplement parce qu’il devient de plus en plus clair, pour toi-même, que la présence et l’observation te rapprochent jour après jour du véritable bonheur et de ce que tu es, tandis que le passé, le futur et la conceptualisation t’en éloignent.

Être spirituel, c’est mettre l’amour devant. C’est se placer au-delà des jugements, au-delà de la dualité. C’est aimer même ceux qui ne sont pas du tout spirituels. Mais aimer n’a rien à voir avec le fait d’être gentil avec tout le monde, d’être ami avec tout le monde, ou d’être d’accord avec tout le monde ! Ce n’est même pas nécessairement passer son temps à envoyer de l’amour tout autour, car c’est bien plus, être l’amour lui-même.

L’amour véritable, c’est sentir, de façon plus ou moins claire, et de plus en plus claire, que tu es l’autre, que l’amour est l’essence commune entre l’autre et toi-même. Sens-tu parfois les émotions de l’autre en toi ? Les pensées de l’autre en toi ? Constates-tu parfois très concrètement que faire mal à l’autre, c’est te faire mal à toi-même ? As-tu parfois l’intuition d’être connecté à l’autre, même lorsqu’il est loin ? Peut-être as-tu déjà ressenti cette impression de fusion, avec des éléments de la nature ? L’océan, un orage, le désert, un arbre, une forêt, un chaton ? As-tu même déjà eu l’impression étrange, peut-être floue, d’être l’autre ?

Il ne s’agit pas de rechercher une sensation spectaculaire, mais bien plus de constater au hasard des rencontres, sans rien chercher, une impression toute simple, presque banale, mais de plus en plus évidente. Être spirituel, c’est mettre cette évidence grandissante au premier plan, quelles que soient les circonstances de la vie. Non pas parce qu’un blogueur fantastique l’a écrit, plutôt parce que tu sens que c’est là que se trouve probablement ce que tu es vraiment.

Mais, être spirituel, c’est surtout commencer par toi-même ! Ne plus te juger, t’aimer toi-même, sans conditions. Même lorsque tu n’es pas assez simple, pas assez libre, pas assez présent, pas assez rempli d’amour. Même lorsque tu n’es pas assez spirituel !

Être spirituel, c’est donc ne plus rien prendre au sérieux ! Ni la richesse, ni la pauvreté, ni le rôle que tu joues sur ce monde. Ni les religions, ni les rituels, ni les guides, ni les disciples. Ni tes pensées, ni tes émotions, ni tes croyances, ni tes concepts, ni même ton propre avis. Ni ta souffrance, ni ta propre mort, ni celle de ceux que tu aimes. Ni le karma, ni les pouvoirs spirituels, ni la lévitation, ni les anges, ni les archanges, ni même ce blog ! Être spirituel, c’est rire de tout cela !

Ce n’est pas renier ou refouler toutes ces choses, c’est les considérer pour ce qu’elles sont vraiment. Elles sont réelles et elles t’affectent si tu places ta conscience à leur niveau d’existence. Elles deviennent illusoires et cessent de t’affecter si tu places ta conscience au-delà, si tu te recentres sur ce que tu es vraiment. Être spirituel, c’est s’amuser à changer sans cesse de point de vue, c’est un état d’esprit, un état de conscience, qui ne se devine pas nécessairement de l’extérieur mais qui change tout à l’intérieur.

Être spirituel, c’est même aller jusqu’à ne plus prendre au sérieux sa propre spiritualité ! C’est aller à l’essentiel, jusqu’à perdre tout intérêt pour la spiritualité elle-même, puisqu’elle devient l’attitude évidente, la normalité, la banalité. Au fond, la spiritualité, c’est une farce. Une farce qui te fait tout relativiser, jusqu’à se relativiser elle-même.

Alors, si la spiritualité te fait éclater de rire, c’est peut-être le signe que tu es très spirituel ? Plus spirituel que je ne l’étais il y a encore peu de temps ! Ah, c’est dire comme tu es spirituel, n’est-ce pas ?

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